Le club de football PSG admet avoir profilé racialement les jeunes recrues
 
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Le club de football PSG admet avoir profilé racialement les jeunes recrues

khippi

Publié le 12 Novembre 2018 | khippi.com


Le Paris Saint-Germain (PSG) a reconnu que certains de ses dépisteurs profilaient illégalement des talents prometteurs en dehors de la capitale et les catégorisaient en fonction de leurs ethnies, a rapporté le site français d'investigation Mediapart.

Le Paris Saint-Germain (PSG) a reconnu que certains de ses dépisteurs profilaient illégalement des talents prometteurs en dehors de la capitale et les catégorisaient en fonction de leurs ethnies, a rapporté le site français d'investigation Mediapart.

Mediapart a déclaré jeudi que le club parisien avait entamé la pratique en 2013 en vertu de laquelle les dépisteurs de l'équipe non basés à Paris étaient invités à répertorier les recrues potentielles comme Nord-Africain, Français, Africain et Antillais.

Selon la publication, Marc Westerloppe, alors responsable du scoutisme du PSG en France, aurait exprimé sa préoccupation "avec la direction prise par le club".

"Nous avons besoin de plus de diversité. Il y a trop d'Antillais et d'Africains à Paris."


Dans une déclaration, les champions en titre ont confirmé que leurs dépisteurs avaient défini le profil racial de jeunes joueurs dans le cadre du processus de recrutement, mais ont déclaré qu'il s'agissait d'une initiative personnelle et non de la politique du club.

"Paris Saint-German confirme que des formulaires à contenu illégal ont été utilisés entre 2013 et 2018 par le service de surveillance de l'Académie de la jeunesse", indique le communiqué.

"Ces formulaires ont été utilisés uniquement à l'initiative du personnel en charge de ce département."

"La direction générale du club n'a jamais eu connaissance d'un système de profilage racial dans le service de dépistage et n'a jamais eu un tel formulaire en sa possession."

Le club a déclaré qu'une enquête interne avait été lancée le mois dernier pour "comprendre comment de telles pratiques pourraient exister et décider des mesures à prendre".

Le phénomène a été mis au jour en mars 2014 lorsque le prodige Yann Gboho, âgé de 13 ans, était évalué par Serge Fournier.

Fournier, qui avait classé Gboho dans la catégorie Antillaise quatre mois auparavant, alors qu'il était né en Côte d'Ivoire, aurait été interrogé sur la procédure.

"Au lieu de français, cela aurait dû être blanc, d'autant plus que tous les joueurs que nous avions recommandés étaient français", aurait déclaré Fournier.

"Le PSG ne voulait pas que nous recrutions des joueurs nés en Afrique, car vous n'êtes jamais sûr de leur date de naissance."

Mediapart a déclaré que l'incident avait quelque peu contrarié le reste de l'équipe.

Pierre Reynaud, responsable du recrutement en région parisienne, a protesté contre la mesure discriminatoire de l'époque, affirmant que "ce ne doit pas être une question d'ethnicité mais de talent".

Westerloppe, qui a depuis rejoint le club de football de Rennes, a été convoqué en juin 2014 après que des plaintes aient été déposées auprès du département des ressources humaines, mais ont rejeté les accusations comme "fausses, malveillantes et stupides", selon Mediapart.

Les recensements fondés sur la race et l'origine ethnique ont été interdits par le gouvernement français en 1978.

Les critiques soutiennent toutefois que l’omission de la race dans les statistiques nationales empêche les autorités de s’attaquer à des problèmes tels que l’effet de la race sur la pauvreté, l’emploi ainsi que la taille de la population carcérale, notamment en fonction de la dénomination ethnique.

Le dernier scandale fait penser à un autre incident survenu en 2010, alors que des quotas de course étaient en discussion pour limiter le nombre de jeunes Noirs et nord-africains dans les programmes de football français.


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