Pas de Noirs, pas d'Arabes: 4 et 2 mois de prison avec sursis pour deux agents immobiliers


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"Pas de Noirs, pas d'Arabes": 4 et 2 mois de prison avec sursis pour deux agents immobiliers

khippi


Publié le 6 Février 2019 | khippi.com




C'est une employée de leur agence de Palaiseau (Essonne) qui avait la première rapporté les faits, en 2006. Lors de son premier jour de travail, son patron lui avait expliqué comment choisir les dossiers: "Je vous préviens tout de suite, je ne veux pas de locataires 'blacks', pas d'Arabes, pas de 'japs', tout ce qui n'est pas blanc, je n'en veux pas".



"Pas de Noirs, pas d'Arabes" : deux agents immobiliers, un père et son fils, ont été condamnés mercredi à Evry à quatre et deux mois de prison avec sursis pour avoir refusé de louer des biens à des personnes à cause de leur couleur de peau. C'est une employée de leur agence de Palaiseau (Essonne) qui avait la première rapporté les faits, en 2006. Lors de son premier jour de travail, son patron lui avait expliqué comment choisir les dossiers: "Je vous préviens tout de suite, je ne veux pas de locataires 'blacks', pas d'Arabes, pas de 'japs', tout ce qui n'est pas blanc, je n'en veux pas".

Elle l'avait ensuite filmé en caméra cachée - les images ont ensuite été diffusées sur France 2 - alors qu'elle le poussait à confirmer ses consignes "au niveau de la ségrégation". "Oui... oui", répondait l'homme, aujourd'hui à la retraite. A la barre du tribunal correctionnel mercredi, il a refusé de s'exprimer sur cette vidéo, dont la procureure a lu la retranscription pendant ses réquisitions. Selon elle, dans ce dossier "essentiel" - jugé 13 ans après les faits, après deux non-lieux et des magistrats "qui ont peut-être manqué de courage", des locations ont été refusées à des "candidats sérieux" qui gagnaient bien leurs vies et avaient de bonnes garanties.

Comme consigne, ne pas donner suite à ceux qui avaient des accents étrangers au téléphone

Le tribunal a condamné les deux hommes pour quatre cas de discrimination uniquement. Plusieurs clients éconduits, qui s'étaient portées parties civiles aux côtés de plusieurs associations, dont SOS racisme qui avait déposé la première plainte, étaient venues témoigner de ce que la procureure a qualifié de "racisme ordinaire". Un couple mixte a raconté s'être fait soudainement refuser un appartement au motif qu'il était "réservé". Ils effectuent alors un "testing" : dès que des amis aux noms sans consonance étrangère appellent, l'appartement redevient disponible.

Un autre salarié de l'agence avait déclaré que son patron lui avait demandé de refuser de louer des appartements aux Asiatiques "car ils s'y mettent à 15", et de ne pas donner suite à ceux qui avaient des accents étrangers au téléphone. Tout au long de l'audience, le père et le fils, qui ont nié en bloc, ont secoué la tête, l'air incrédule et énervé. "Ils ne sont pas racistes" mais "boucs émissaires" dans un dossier qui ne repose sur "aucune preuve concrète", a soutenu leur avocat, qui avait plaidé la relaxe.