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Ces Camerounais qui n'ont pas de prénom, mais juste un nom de famille

pas de prénom, mais juste un nom de famille


Publié le 1er Avril 2019 | khippi.com




A l'état civil, certains Camerounais n'ont qu'un seul patronyme ce qui suscite une grande curiosité. Parmi ceux-ci, des personnalités publiques. Explications.



Des Camerounais dépourvus de nom(s) ou même de prénom(s). A l'école, au travail ou dans la vie courante, ces personnes sont, en quelque sorte, une curiosité.

Cette curiosité est notamment due au fait que la norme, à l'état civil, veut que chaque citoyen soit pourvu d'un nom et d'un prénom sur son acte de naissance. Mais au Cameroun, ce n'est pas toujours le cas.

«C’est quand je me suis retrouvé en classe de Cours moyen deuxième année (CM2) que la nécessité d’avoir l’acte de naissance s’est ressentie, notamment pour me présenter au concours d’entrée en sixième, pour le CEPE [Certicat d’études primaires et élémentaires, Ndlr]. Il a fallu un jugement supplétif. Au tribunal, on a prononcé mon nom, j'ai répondu présent. Après cela, je suis allé à la commune où on m’a délivré mon acte de naissance sur mon nom d’aujourd’hui. J’aurai dû me prénommer Apollinaire, mais cela negure pas sur mon acte de naissance. Apparemment, au tribunal, on n’avait pas mis mon prénom», explique Made, enseignant. Celui-ci se dit malgré tout er de son patronyme.

Parmi ces exceptions, quelques personnalités publiques au Cameroun. Entre autres, le Dr Taïga, ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, et Harouna, directeur général-adjoint de l’Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM). Difcile cependant d'expliquer la constitution de ces patronymes, chacun ayant a priori sa propre histoire.

" «Dans le passé, certains enfants, issus d’un même père, n’avaient pas de prénom parce que chacun avait un patronyme différent qui permettait aux parents de les différencier», se souvient Félix Nyemb.



Ainsi, dans une même famille, un enfant pouvait porter le nom de son arrière-grand-père, tandis que son frère portait le patronyme d’un oncle ou du frère de la sœur d’un autre membre de la famille.

«Dans la commune d’arrondissement de Bertoua 1er [dans la région de l'Est du Cameroun, Ndlr], depuis que je signe les actes de naissance, je suis rarement tombé sur le cas d’un enfant qui n’a qu’un seul nom sans prénom. Nous avons eu un cas dernièrement, où la lle porte seulement le nom d’Aïssatou.

Ce cas nécessite un jugement supplétif. Quand il arrive un cas où l’enfant n’a qu’un seul nom, sans prénom, et qu’il est déclaré dans les délais, le processus d’enregistrement de naissance est fait normalement. J’avoue que certains parents donnent ce nom unique à leurs enfants. C’est un choix des parents qu’on accepte et enregistre», déclare Ndongo Lantin, adjoint au maire.

Cependant, la loi camerounaise permet de demander l'adjonction d'un prénom à un nom, pour les personnes qui ne se sentent pas à leur aise avec cette particularité.