Trump contre les démocrates: Nancy Pelosi reprend la tête de la Chambre des représentants, un retour historique


Trump contre les démocrates: Nancy Pelosi reprend la tête de la Chambre des représentants, un retour historique

khippi


Publié le 2 Janvier 2018 | khippi.com




Les démocrates américains ont pris jeudi le contrôle de la Chambre des représentants, marquant le début d’une nouvelle ère d’opposition au président républicain Donald Trump, qui fait désormais face à un Congrès divisé. La démocrate Nancy Pelosi a été réélue jeudi présidente de la Chambre américaine des représentants, signant un historique retour au troisième échelon le plus important de la politique américaine.



A 78 ans, l’élue de San Francisco devient la première opposante du républicain Donald Trump, avec qui elle a souvent croisé le fer, et retrouve le perchoir de «Speaker» qu’elle avait déjà occupé entre 2007 et 2010, alors première femme de l’Histoire américaine à accéder à ce poste crucial.

Comptant un nombre record de femmes et d’élus issus de minorités, le 116e Congrès américain s’est réuni pour la première fois à midi: 435 nouveaux élus à la Chambre des représentants, désormais contrôlée par les démocrates, et 100 sénateurs au Sénat, qui reste sous contrôle républicain.

Sous les applaudissements, le vice-président républicain Mike Pence a présidé aux premières prestations de serment au Sénat.

A la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, 78 ans, est arrivée tout sourire, en famille. Sur la promesse d’oeuvrer pour un Congrès qui «rassemblera», elle a retrouvé la présidence de la Chambre en début d’après-midi, signant son impressionnant retour au troisième échelon de la politique américaine, derrière Donald Trump et Mike Pence.

Pelosi a été élue par ses troupes «Speaker», un poste qu’elle avait déjà occupé entre 2007 et 2010, devenant alors la première femme de l’histoire américaine à accéder au perchoir de la Chambre.

Si elle affirme vouloir soutenir «les bonnes idées, d’où qu’elles viennent», selon son discours distribué à la presse, c’est avec un défi au président républicain qu’elle compte marquer le premier jour de son nouveau rôle d’opposante en chef.

Les démocrates devaient présenter dès jeudi des mesures budgétaires temporaires qui permettraient de débloquer les administrations américaines, partiellement paralysées depuis le 22 décembre. Leur but: s’afficher comme le parti «raisonnable» face à ce qu’ils considèrent comme les «caprices» de Donald Trump.

Mais la Maison Blanche a par avance rejeté ces projets de loi, car ils n’incluent pas cinq milliards de dollars pour financer le mur voulu par le président à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine.

Ces mesures devraient donc rester lettre morte au Sénat, et les blocages d’un Congrès divisé s’afficheront dès le premier jour.

S’ils ont renforcé leur majorité au Sénat, avec 53 sièges sur 100, les républicains ne peuvent se passer des démocrates, car ils ont besoin de 60 voix pour approuver toute loi budgétaire.

Enquêtes et déclarations d’impôts

Ce bras de fer pourrait n’être que les prémices de féroces batailles à venir avec, en premier lieu, la promesse de multiples enquêtes parlementaires visant Donald Trump et son entourage.

En première ligne: les soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne électorale en 2016, alors que le mandat du républicain est, pratiquement depuis ses débuts, déjà empoisonné par l’enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Avec leur nouveau contrôle de la Chambre, les démocrates décrochent en effet la tête de commissions parlementaires dotées de puissants pouvoirs d’investigation, notamment ceux d’assigner les témoins à comparaître et d’ordonner la présentation de documents.

Ils ont d’ailleurs promis d’exiger du milliardaire qu’il présente enfin ses déclarations d’impôts. Donald Trump est le seul candidat présidentiel de l’histoire récente américaine à s’y être refusé.

Derrière ces turbulences, la perspective d’une procédure de destitution, ou «impeachment», pourrait se dessiner plus nettement.