Skip Navigation Links

L'Arabie saoudite frappe ses supposés alliés du sud du Yémen`




Publié le 12 Août 2019 | khippi.com




L'Arabie saoudite a mené tôt dimanche des frappes à Aden contre des séparatistes du sud du Yémen, pourtant supposés être ses alliés, après des combats qui ont fait 40 morts et qui plongent davantage dans le chaos ce pays en guerre. Le bilan de 40 morts et 260 blessés, dont de nombreux civils, a été annoncé par l'ONU qui s'est inquiétée d'une aggravation de la crise humanitaire au Yémen.

Des combats entre séparatistes réclamant l'indépendance du sud du Yémen et unités gouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite, ont éclaté mercredi dans la grande ville portuaire d'Aden.

Ils sont venus s'ajouter à la guerre principale qui oppose depuis près de cinq ans les rebelles chiites houthis au gouvernement du Yémen, soutenu par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite.

Dimanche, cette coalition a mené une frappe contre des séparatistes qui s'étaient emparés la veille du palais présidentiel à Aden et de trois casernes, leur intimant de s'en retirer.

Le gouvernement du Yémen a qualifié de coup d'État l'action des séparatistes du sud qui luttaient pourtant aux côtés de la coalition antirebelles.

Même si le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi vit à Riyad, la prise du palais présidentiel n'en demeure pas moins symbolique, Aden étant la capitale provisoire depuis que les Houthis, des rebelles issus du Nord, se sont emparés de vastes portions du territoire, dont la capitale Sanaa, il y a près de cinq ans.



Une grave crise humanitaire

La situation au Yémen a été au centre d'un entretien dimanche à La Mecque entre le roi saoudien Salmane et le président Hadi, a annoncé l'agence officielle saoudienne SPA.

La rencontre s'est déroulée en présence du ministre saoudien de l'Intérieur et du chef des renseignements.

Selon des informations préliminaires, 40 personnes ont été tuées et 260 blessées depuis le 8 août à Aden, dont de nombreux civils, a précisé la coordonnatrice de l'ONU.

Médecins sans frontières a indiqué avoir admis 119 blessés en 24 heures dans un de ses hôpitaux.

Les organisations humanitaires continuent de fonctionner à Aden où 1,9 million de personnes reçoivent une aide alimentaire chaque mois, a indiqué Mme Grande, appelant les belligérants à tout faire pour protéger les civils.

Le port d'Aden est l'une des principales portes d'entrée des marchandises commerciales et humanitaires au Yémen, a rappelé l'ONU.

En raison de la guerre qui fait rage entre les Houthis et le camp antirebelles, le Yémen connaît déjà la pire crise humanitaire au monde. Près de 80 % de la population totale, soit 24,1 millions de personnes, ont besoin d'assistance, selon les Nations unies.

Selon des habitants, la situation était toutefois calme dimanche à Aden, premier jour de la fête musulmane de l'Aïd el-Adha. Les rues se sont animées à mesure que l'heure avançait et de nombreux habitants sont sortis en famille, selon un correspondant de l'AFP.

Il y avait cependant dans certains quartiers des bâtiments et des véhicules calcinés.

Le risque d'une guerre civile dans une guerre

Les circonstances du déclenchement des hostilités entre séparatistes et unités gouvernementales restent floues, mais des responsables séparatistes ont accusé le parti islamiste Al-Islah d'avoir tué l'un de leurs commandants.

Et selon eux, Al-Islah a infiltré le gouvernement Hadi, tenu à bout de bras politiquement et financièrement par l'Arabie saoudite.

Le vice-ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, l'un des fils du roi, a réaffirmé le soutien de Riyad au « gouvernement légitime du Yémen » et a souligné la nécessité de « préserver l'unité et la stabilité » du pays.

Le Yémen du Sud était un État indépendant jusqu'en 1990. Dans le sud, il existe toujours un fort ressentiment contre les Yéménites originaires du nord, accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays.

Les affrontements meurtriers à Aden ont mis à nu des divisions entre les deux piliers de la coalition soutenant le gouvernement yéménite : l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.